Et voilà, le Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes 2019, c’est fini.

Exit la plage et le soleil qui chauffe (vraiment !), retour à la montagne. Mais aussi, exit le bruit, la course et la foule massive, place au calme et au temps juste. Un temps juste, parfait pour un petit tour d’horizon des découvertes faites dans le Palais des Festivals.

How to rob a bank est un petit jeu asymétrique avec une mécanique de programmation abordable. Vous incarnez soit un groupe de gardiens de banque, soit intégrez une équipe de braqueurs. Les uns tentent de vider les coffres et de se faire la belle tandis que les autres essaient de les en empêcher. Très sympathique et plutôt bien équilibré !

Fait amusant, il semble que l’évasion, le piratage et le banditisme aient fait fureur dans les thématiques de l’année ! Nous ne comptons plus les jeux qui s’inspirent des ces thèmes auxquels nous avons pu jouer. Une tendance, donc.

Bad Bones vous met dans la peau d’un chef de village qui va tout faire pour ralentir l’invasion de squelette qui se profile. Vous noterez que j’ai dit « ralentir », pas « empêcher », et c’est bien là ce qui fait tout le sel du jeu. Des vagues incessantes de squelette entrent sur votre aire de jeu, et vous allez devoir user de stratégie pour subir le moins de dégâts possibles. Vous avez ainsi à votre disposition un héros invincible qui peut se déplacer (lentement) sur votre plateau, et des outils (catapulte, murs, dragon, trésor…) qui vous permettront de détourner les squelettes de leur but pour les envoyer, peut-être, chez vos voisins ! Tout ça dans le but de ne pas perdre votre tour (qui est détruite étage après étage), ni votre village (détruit maison par maison). Le jeu s’arrête dès la disparition totale d’un village ou d’une tour et consacre la personne qui aura su le mieux résister.

L’impression d’être dépassé est extrêmement bien rendue, le déferlement incessant de squelette nous donne l’impression de ne plus savoir où donner de la tête et rend chaque petite victoire particulièrement jouissive. Le matériel est très agréable et les interactions suffisamment fortes pour créer de petites coalitions qui seront rompues au moment opportun. Une belle découverte, donc !

Plus léger, Détrak nous propose de lancer des dés et de remplir sa grille personnelle pour tenter de faire un maximum de points. Deux dés, donc : sur chacune des faces, un symbole. Un joueur lance les dés, tout le monde inscrit les symboles obtenus sur la ligne ou la colonne de son choix, côte à côte. L’objectif étant d’accumuler les formes identiques successives sur les lignes et colonnes de manière à marquer le plus de points. Evidemment, plus on a de symboles, plus le nombre de points est élevé, c’est exponentiel ! S’ajoute à ça une diagonale qui nous permet de marquer double…mais attention, puisqu’une ligne ou une colonne ne contenant pas au moins deux symboles identiques successifs vous fera perdre 5 points. Très malin et extrêmement simple d’accès, il se révèle assez addictif.

On enchaîne les parties sans s’en rendre compte. Validé !

Dans un tout autre registre, Slide Quest est un jeu de manipulation coordonnée pour deux à quatre joueurs (peut se jouer aussi en solo, mais ce n’est certainement pas le mode de jeu idéal) dans lequel il va falloir parcourir des mondes, avec leurs différents niveaux, en faisant glisser le chevalier sur le plateau. Délicatesse et prudence sont les maîtres mots de ce jeu coopératif ! Vous devrez ressentir chaque mouvement et ne pas agir dans la précipitation si vous voulez atteindre les objectifs fixés par le niveau. Et ils peuvent être de différentes nature, entre le parcours simple et le véritable affrontement avec les monstres du jeu. On trouve ici quelque chose qui se situe entre Perlatête et Loony quest, avec un matériel très bien fait.

Vous connaissez déjà Les Poilus, mais pas sous ce jour-ci ! Le jeu nous revient bientôt avec une édition « Armistice » qui va vous proposer de vivre plusieurs campagnes (et avec de splendides figurines !). Cette édition sera plus accessible que la première, d’aucun diront plus facile, d’autres diront moins immersive. Si vous avez trouvé le jeu trop difficile, trop « plombant » (ce qui est de loin sa plus grande réussite : la cohérence scénaristique et mécanique est magistrale), alors l’édition Armistice est pour vous. Si vous adorez l’atmosphère à la fois violente et profondément humaine que le jeu génère, peut-être que cette édition manquera de saveurs à vos yeux. Une chose est sûre, il faudra l’essayer pour se faire un avis !

Le prochain Libellud nous propose une fois encore des images « à la Dixit » avec une thématique d’évasion. Vous allez devoir vous enfuir de ce manoir fou, à l’aide du grimoire que vous êtes venus dérober en ses murs. Qui incarnera le grimoire devra aiguiller ses compagnons vers la bonne porte, pour progressivement les amener à la sortie…mais c’est sans compter sur la présence d’un traître qui fera tout pour saboter la fuite.

Ainsi, à chaque tour, le grimoire découvrira secrètement la pièce qui mène à la sortie. Il pointera ensuite deux éléments (à répartir ou non entre deux images qui changent à chaque tour) pour donner des indices à l’équipe sur la route à suivre. Une fois ces choses faites, l’équipe entière ferme les yeux, sauf le traître (Loup-garou forever) ! Ce dernier (ou cette dernière) choisira alors d’ajouter une ou deux salles à celle que les aventuriers doivent retrouver, en fonction des indices donnés par le grimoire. Le grimoire complète alors les propositions de salles (6 pour 5 joueurs), brasse le tout, et les pose faces cachées. Les aventuriers vont ensuite pouvoir retourner les salles et chacun votera, en discutant, pour la salle qui lui semble être la bonne à emprunter. Mais il faut faire vite, car plus on attend, plus on aura de pièges dans les pièces à venir (il faut en traverser 6 au total avant de pouvoir sortir).

Il suffit qu’une personne trouve la bonne salle pour que l’équipe entière puisse passer. Mais mais mais, tout n’est pas si simple ! Pour chaque personne qui s’est trompée de salle, on perd un point de cohésion. Si on tombe à zéro…et bien le jeu est perdu pour les aventuriers, et gagné pour le traître !

Un jeu à identité secrète sur fond de communication contrainte, voilà qui nous fait de l’oeil à la tanière !

Voici l’un des jeux à venir de la Team Kaedama (Bauza, Maublanc, Rivière et Lebrat) : Arkéis !

On sent dans cette proposition de l’équipe valentinoise un bel hommage à Hero Quest, une version améliorée et augmentée, sur fond d’univers égyptiens, avec de belles figurines, des salles à parcourir, des trésors à trouver, des pièges à éviter, des monstres à combattre…très alléchant ! Bien évidemment, plusieurs scénario (comprenez dispositions de salles) sont proposés de base, plusieurs personnages héros, et vous pourrez aussi composer vos propres aventures.

Autant vous dire qu’on attend celui-là de pied ferme !

5 Minute Dungeon ne verra peut-être jamais le jour en France, mais il ne nous est pas interdit d’espérer. Il s’agit d’un jeu coopératif frénétique pendant lequel nous allons affronter différents monstres d’un donjon jusqu’à parvenir au boss final. Chaque monstre demande certaines compétences pour être tué, et il nous faut jouer soit les cartes correspondantes de nos mains, soit une compétence associée à notre personnage (et nous défausser de trois cartes en contrepartie, ce qui peut nous amener à avoir une pioche vide et donc nous empêcher de jouer). Bien sûr, il s’agit d’un jeu en simultané, et il ne faut pas attendre son tour pour poser des cartes ou faire une action, mais le faire dès que la chose s’avère possible et intéressante ! La table devient donc vite un vrai champ de bataille, avec des cartes posées à la va-vite dans tous les sens, des cris, des appels à l’aide, des coups de maître, des gaspillages lamentables, et un boss final ultra stressant dans les dernières secondes du décompte.

Très clairement, la rapidité et le stress provoqué font de chaque partie un moment très éprouvant, mais néanmoins jouissif ! A la fin d’une aventure réussie avec encore plus d’une minute au compteur, on est pris d’une subite envie de prendre ses coéquipiers dans ses bras et de danser une gigue endiablée.

Croisons les doigts pour le voir arriver en français !

Gloom n’est pas une nouveauté, mais il s’agit quand même d’une découverte pour nous. Et quelle découverte ! Voyez un peu : chaque joueur a « à sa charge » une famille dépressive. Le but de chacun est d’amener la dépression au plus bas dans ses rangs et de voir mourir les membres de sa famille avec un niveau de dépression qui soit le plus bas possible, tout en accablant d’événements heureux les familles voisines. On ne peut tuer que des personnages dépressifs (avec un niveau de moral en négatif, donc) et uniquement en première action (chaque joueur a deux actions par tour), ce qui rend le challenge assez élevé, mine de rien. Le jeu s’arrête dès qu’un joueur voit toute sa famille décimée. On compte alors les points de moral, et celui qui totalise le score le plus bas l’emporte.

Le ton est extrêmement drôle, noir, loufoque. Ces familles Adams ré-imaginées traversent des épreuves délicieuses et le tout est relevé magistralement par des illustrations très soignées. Les cartes, transparentes, se superposent les unes aux autres, et viennent cacher tout ou partie des points et capacités obtenus jusqu’alors.

Une belle découverte !

Burgle Bros nous remet dans la peau de braqueurs de banque, en coopération totale cette fois, qui devront…piller la banque, pardi ! Et s’enfuir aussi avec le butin sans se faire attraper.

Les bandits vont ainsi parcourir les trois niveaux de la banque, révéler progressivement les pièces en évitant à la fois les pièges et les gardes qui font leur ronde. Un coffre à chaque étage. Chaque trésor est une sorte de fardeau qui va compliquer la partie. Une fois trois trésors en poche, l’équipe va devoir s’enfuir par le toit, en hélicoptère.

C’est technique, précis, malin, très beau aussi (en tout cas, le design nous a emballé !), et ça arrive très bientôt. Dans la même gamme, Fugitive arrive aussi d’ici peu à la tanière, mais chhhhut, on vous laisse un peu de surprise, quand même !

Cette édition 2019 du FIJ était au final une très belle édition. Au-delà même des jeux proposés, certaines animations qui se sont tenus au sein du Palais à cette occasion ont été mémorables. Nous essaierons de vous en faire un retour d’ici peu. 😉

Finissons sur un panel de photos en vrac, sur des jeux à venir dont nous ne dirons rien…pour l’instant !